Prise de parole de Madame la Chancelière Anja Wyden Guelpa, lors du cocktail d’ouverture de Global INET


22 avril 2012

Mesdames et Messieurs,

Chers participants au Global INET,

C'est un grand plaisir et un honneur pour moi que de pouvoir vous souhaiter la bienvenue à Genève au nom des autorités cantonales dans le cadre de ce 20e anniversaire de l'Internet Society. Célébrer l'entrée dans l'âge adulte est toujours une grande joie - du moins tant qu'il ne s'agit pas des 20 ans de vos propres enfants, car là, l'on risque par contrecoup de prendre subitement de l'âge soi-même !

Pour moi qui suis Genevoise, les 20 ans d'Internet Society sont cependant un peu une affaire de famille. Certes, Internet est né aux Etats-Unis, mais le web a vu le jour à Genève, au CERN. Nous avons fêté ses 20 ans l'an dernier avec notamment une allocution de Tim Berners-Lee qui a fait salle comble à l'Université de Genève.

L'année même de l'invention du web, Vint Cerf Bob Kahn et Lyman Chapin ont mis sur pied l'Internet Society, dont la création a été annoncée en janvier 1992. Pour utiliser une expression qui n'existait alors pas encore, ce fut un lancement à haut débit!

Ces 20 années ont confirmé l'intuition des fondateurs d'Internet Society. Un internet ouvert a besoin d'une communauté d'intérêt qui protège son ouverture et fasse en sorte que chacun ait accès au réseau et aux bénéfices qu'il procure.

L'Internet Society est plus nécessaire aujourd'hui que jamais, à l'heure où certains gouvernements sont tentés par une régulation centralisée de l'internet. Soyez assurés que le gouvernement genevois soutient vos efforts visant à maintenir internet libre et ouvert.

Genève a été un lieu central pour l'internet depuis ses origines.

L'OMPI, l'Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle, est active depuis de nombreuses années dans la protection des noms de domaine.

L'UIT, l'Union Internationale des Télécommunications, a organisé le premier Sommet Mondial de la Société de l'Information ici, en 2003. Ce sommet, le SMSI, a été le premier sommet onusien qui a activement associé la société civile à sa préparation et à son déroulement.

Le SMSI a créé le Forum pour la Gouvernance de l'Internet et l'a établi à Genève. Ce forum est devenu une expérience réussie de dialogue multipartite et d'apprentissage collectif.

En ouvrant un bureau à Genève, l'Internet Society a aussi contribué à placer notre canton dans la géographie de l'internet.

Les cordonniers sont les plus mal chaussés, dit le dicton. Ce n'est que ce soir, au terme de ce cocktail, que le chapitre suisse de l'Internet Society sera formellement créé après des années de semi-clandestinité.

Pour les gouvernements, l'arrivée d'internet a apporté avec elle des nombreux défis liés à la disponibilité accrue d'information, à la vitesse quasi-instantanée de sa diffusion et au nombre croissant de citoyens s'exprimant, parfois de manière très critique, sur les choix technologiques publics.

En voici un exemple. Depuis 2003, Genève offre à ses citoyens la possibilité de voter par internet, d'abord pour les référendums et initiatives, et maintenant aussi pour les élections. Je suis fière de dire que Genève est la collectivité publique qui a l'expérience la plus riche et la plus longue en matière de vote par internet.

Au fil des années, il nous a fallu nous tracer un chemin entre le désir du public d'accéder aussi vite que possible à un moyen simple et rapide de voter - et cela sans que les considérations de sécurité n'entrent en ligne de compte pour eux - et les appels de groupes d'«experts» ou présentés comme tels qui se considèrent comme les seuls gardien autorisés de la démocratie électronique.

Certains critiquent nos choix technologiques au nom de la défense des institutions - mais peut-on réduire les institutions à la technique?

D'autres ne considèrent que l'impact social du vote en ligne, sans percevoir les défis de ce nouveau canal d'expression, et regrettent notre approche prudente - mais peut-on mettre en danger la souveraineté populaire pour coller à la modernité?

D'autres encore voudraient instaurer une gouvernance collective en ligne pour le projet, au nom de la démocratie - mais la démocratie ne repose-t-elle pas plutôt sur un ensemble de pouvoirs et contre-pouvoirs organisés et obéissant à des règles claires?

Une chose est sûre: lorsque la technologie unit en une même plateforme contenus, données, informations et sens, comme le fait l'internet, le niveau sur lequel doit porter le débat public est incertain. Devons-nous parler de politique? De technique? D'enjeux sociaux? De questions légales?

Je voudrais saisir l'occasion de cette rencontre pour souhaiter une bienvenue particulière à Monsieur Raul Echeberria, le Président du board of trustees d'Internet Society, qui a une expérience du vote électronique. Il a en effet participé à l'une des toutes premières élections en ligne, la «ICANN At-Large Election» en l'an 2000. Vous avez ouvert la voie aux initiatives telles que la nôtre!

Mais permettez-moi de conclure en rappelant que, certes nous bâtissons l'avenir, mais bâtissons-le de manière responsable! 

 

Genève, le 22 avril 2012

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